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Un arbitre vous répond

19/05/2017

Que vous soyez joueur ou arbitre, si vous avez des questions concernant les règlements, que ce soit à propos des règles les plus élémentaires ou des cas les plus tordus, n'hésitez pas à les poser directement à Gérard Hernandez qui vous répondra dans cette page.

 


Double coup illégal

27/07/2017

Bonjour Gérard,

J'ai du mal avec l'interprétation concernant la nouvelle règle des coups illégaux.

Dans le BAF 144, j'apprends d'abord ceci à la page 4 :

<< Le changement majeur de Baku :

Article 7.7 : jouer à 2 mains (roque, prise ou promotion) est un coup illégal, sanctionné

Article 7.8 : appuyer sur la pendule sans avoir joué de coup est un coup illégal, sanctionné

Il y a donc à présent 3 cas de coups illégaux dans les règles du jeu. La rédaction du texte a suscité des questions d'interprétation et après vérification auprès de la FIDE, il faut bien considérer les différents cas de coups illégaux comme un même ensemble (7.5, 7.7 et 7.8 regroupés).

Exemple : le joueur déplace son fou comme un cavalier (1er coup illégal), puis roque à 2 mains (2e coup illégal), donc la partie est déclarée perdue (sauf si l'adversaire ne peut gagner …). >>

Et puis sur le site de la FIDE : http://arbiters.fide.com/ et en particulier le point 3 qui dit :

<< However when there are two (2) illegal moves in one move (i.e. illegal castling made by two hands, illegal promotion made by two hands and illegal capturing made by two hands), they count as one (1) illegal move and the player shall not be forfeited at once (in Standard chess).>>

Ces 2 articles sont contradictoires.

Un des deux n'est-il plus d'actualité ?

Amicalement,

Jean Christophe CARPENTIER AF3

 
Bonjour Jean-Christophe,

Non il n'y a pas de contradiction dans les deux textes cités. Chacun d'eux précise un cas de figure bien différent.

L'exemple donné dans le BAF est clair. En cadence longue et après un premier coup illégal comme décrit dans le 7.5, si un joueur est ensuite en infraction selon les articles 7.7.1 et 7.8.1 il perd la partie à condition évidemment que son adversaire ait la possibilité matérielle ou positionnelle.

La précision donnée par la commission des règles de la FIDE concernant l'article 7.7.1 est la suivante :

Imaginons un joueur qui avec ses deux mains effectue un roque illégal, une prise illégale ou une promotion illégale, en application de l'article 7.7.1 il commet deux coups illégaux qui normalement lui font perdre la partie (roque illégal et jeu à deux mains).

Eh ben non !

Dans ce cas-là on doit considérer que le joueur n'a commis qu'une seule faute qui sera sanctionnée de deux minutes d'ajout à la pendule de son adversaire et la partie continuera.

Il parait logique de considérer que le roque, la prise ou la promotion ne sont qu'un seul et même coup.

Pourquoi ce point 3 n'est-il pas écrit tel quel dans les règles du jeu ? Mystère !

Ne doutons pas que la FIDE lira cet article et l'ajoutera aussitôt…

Gérard Hernandez


Après l'appui

07/07/2017

Bonsoir Gérard,

A la (re)lecture des nouvelles règles du jeu, il me semble que l'application des articles 6.2.2 et 7.8.1 pourrait venir en contradiction, ou tout du moins, générer des malentendus, voire pire !

Prenons le cas d'un joueur A qui, absorbé par ses calculs de variantes, joue son coup et oublie d'appuyer sur la pendule avant que son adversaire (le joueur B) ne joue son propre coup en réponse. Alors que le trait revient donc au joueur A, celui-ci réalise qu'il a oublié d'enclencher la pendule, et s'exécute (selon l'article 6.2.2) ! Le joueur B - (mais il faudrait qu'il soit réellement de mauvaise foi ; or, nous ne rencontrons jamais de joueurs mal intentionnés ou irrespectueux de leurs adversaires ; tous les arbitres pourront le dire !) - réclame le coup illégal selon l'application de l'article 7.8.1 !

Pour résoudre ce litige, nous considérerons que l'arbitre n'a pas assisté à cette séquence de jeu et qu'il est appelé par le joueur B à l'issue de cette phase !

Bien-sûr, l'arbitre peut (et doit) s'assurer de la véracité des propos de B en permettant au joueur A d'expliquer sa version des faits et prendre sa décision !

La même situation pourrait se présenter en parties d'échecs rapides, non pas parce que A serait absorbé par ses calculs de variante mais parce B, en vieux briscard, s'empresserait de répondre au coup de A avant que ce dernier n'ait le temps d'appuyer sur la pendule... !

Bref... j'appuie, tu appuies, il appuie... Ces articles 6.2.2 et 7.8.1 pourraient générer des conflits qui, auparavant, n'avaient les mêmes conséquences graves dues aux coups illégaux !

Philippe Blot, Arbitre Fide

 
Bonjour Philippe,

L'article 7.8.1 dit bien qu'appuyer sur la pendule sans avoir jouer un coup est un coup illégal.

Or dans les exemples donnés le joueur « A » a bien joué son coup. On est donc bien dans l'esprit de l'article 6.2.2.

« Un joueur doit pouvoir actionner sa pendule après avoir joué son coup, même si l'adversaire a joué son coup suivant. Le temps entre l'exécution du coup sur l'échiquier et l'arrêt de sa pendule est considéré comme faisant partie du temps imparti au joueur. »

Il n'y a donc aucune raison de sanctionner par un coup illégal, le joueur « A » quelle que soit la cadence.

Il est évident que si « A » se rend compte de son oubli longtemps après que « B » ait joué et que ce dernier n'est pas à la table, il y a sans doute matière à utiliser l'article 12.9 contre « A » si celui-ci n'avertit pas son adversaire. Mais ça, c'est une autre histoire…

Gérard Hernandez


Fouille au corps

04/07/2017

Bonsoir mes amis arbitres,

J'ai eu déjà plusieurs questions sur la règle du BAF 144 « Fouille au corps » :

11.3.2.3. L'arbitre pourra exiger du joueur le droit d'inspecter en prive ses vêtements, son corps, ses sacs ou autres objets. L'arbitre, ou une personne mandatée par lui, inspectera le joueur et devra être du même sexe que le joueur. Si un joueur refuse de se soumettre à ces obligations, l'arbitre prendra des mesures conformément à l'article 12.9.

Par contre notre "sport" en FRANCE est régi par la loi Française qui stipule que :

Fouille à corps

La fouille à corps est une recherche sur le corps où souvent la personne peut être amenée à se déshabiller.

Elle n'est possible que dans 3 cas :

• Flagrant délit,

• Enquête préliminaire, avec l'accord expresse de la personne,

• Commission rogatoire.

La fouille est pratiquée par un officier de police judiciaire (OPJ) du même sexe que la personne dans un local retiré et fermé.

Si la personne refuse la fouille, l'OPJ doit prévenir le procureur de la république ou le juge d'instruction.

Fouille dans le corps

Lorsqu'une personne est soupçonnée de transporter ou dissimuler des stupéfiants à l'intérieur de son corps (vagin, rectum, etc.), la fouille est faite par un médecin dans les 3 heures de la demande.

Par contre, un agent des douanes peut faire effectuer par un médecin cet examen médical si la personne donne son accord. Sinon l'agent doit demander au juge qu'il désigne un médecin pour pratiquer l'examen. En cas de refus de la personne, une sanction d'1 an de prison et de 3750€ d'amende est prévue.

Ce qui implique pour moi joueur et arbitre, qu'a part un OPJ voire un Douanier aucune personne dans les échecs ne peut me fouiller au corps.

Je sais vous allez me dire c'est l'interprétation du règlement de la FIDE et en France on sera plus souple mais imaginez un arbitre borné ou pire... On risque d'aller vers un conflit

Merci d'avance de votre point de vue sur ce point de règlement

Amitié échiquéenne

Marc FOURCART Arbitre AF3 et Président du club de Blagny

 
Bonjour Marc,

Le contenu de l'article 11.3.2.2 existait déjà dans les règles du jeu de juillet 2014. Il se trouvait dans l'article 11.3b à la fin d'un paragraphe qui n'était pas encore définitif mais que l'on nous demandait d'appliquer. Ce paragraphe a été repris et cette fois officialisé. Il a été scindé en 3 articles bien distincts.

Dans le C05 Competiton Rules, il est noté dans la préface que la loi du pays a la priorité sur les règlements de la FIDE.

Comme rappelé dans la question, nous arbitres, ne sommes pas habilités à fouiller qui que ce soit. En revanche, le joueur qui refuse de présenter lui-même ce que nous lui demandons (dégager ses cheveux autour des oreilles, présenter le contenu de ses poches ou autre) pourra être sanctionné pour refus de se soumettre aux règles contre la triche.

Déjà en 2009, suite à des discussions avec le ministère des sports, des consignes avaient été données à tous les arbitres concernant les mesures à adopter en cas de suspicion de triche. Lire la page 4 du BAF123 de juin 2009. Ces consignes restent valables aujourd'hui encore. Elles ont été appliquées à plusieurs reprises lors de championnats nationaux et n'ont jamais posé de problèmes.

Gérard Hernandez


Trois inférieur à Cinq

02/07/2017

Bonjour Gérard,

A la lecture des règles du jeu, je suis surpris par les articles suivant :

9.2.1 La partie est nulle, sur une demande correcte du joueur ayant le trait, lorsque la même position, pour la troisième fois au moins (pas nécessairement par une répétition de coups) :

9.2.1.1 va apparaître, s'il écrit d'abord son coup, qui ne peut pas être changé, sur sa feuille de partie et déclare à l'arbitre son intention de jouer ce coup, ou,

9.2.1.2 vient d'apparaître et le joueur réclamant la nulle a le trait.

Mais pas de chance car c'est contradictoire avec ce qu'on lit au-dessous :

9.6 Si l'un ou les deux cas suivants se produisent, alors la partie est nulle :

9.6.1 la même position est apparue, comme en 9.2.2 au moins cinq fois

Voilà, Gérard, je souhaite savoir si c'est au moins cinq ou au moins trois, parce que trois c'est inférieur à cinq.

N'était-ce pas plus clair d'écrire : « on peut proposer le nul après répétition de trois coups minimums, et la partie est déclarée nulle après cinq fois la même position, même non successive ? »

Peux-tu m'éclairer ?

Mickael Peilloux, Arbitre Candidat

 
Bonjour Mickaël,

Pour ma part je ne vois pas de contradiction entre les différents articles cités dans la question.

Pour simplifier je dirai que l'article 9.2.1 concerne les joueurs et le 9.6 concernera plus l'arbitre.

Imaginons une partie ou l'arbitre est présent. Une position vient d'apparaitre pour la 3ème fois. Aucun des joueurs, pris par un zeitnot endiablé, ne s'en rend compte et ne réclame pas la « nulle » à l'arbitre. Ce dernier ne dit rien et la partie continue.

Quelques coups plus tard, arrive pour la 5ème fois la même position selon les critères définis au 9.2.2. L'arbitre doit aussitôt déclarer la partie nulle.

A noter que la réponse serait identique concernant les articles 9.3 qui parlent de la règle des 50 coups sur demande d'un joueur et l'article 9.6.2 qui parle de l'intervention de l'arbitre dès qu'une suite de 75 coups est achevée par chacun des 2 joueurs sans mouvement d'aucun pion ni prise.

Gérard Hernandez


Dame prisonnière

16/06/2017

Bonsoir,

Lors d'un tournoi rapide, les deux joueurs sont en manque de temps.

Le joueur A fait échec au roi (qui est éloigné) avec sa reine sur la dernière rangée.

Le joueur B la prend avec sa reine et la garde dans la main.

Le joueur A reprend cette reine et fait promotion en demandant une dame.

Le joueur B qui a toujours la dame de son adversaire dans la main tarde à lui donner.

Le joueur A perd au temps.

Si ce joueur avait appelé l'arbitre, que serait-il advenu de la partie ? :

Perte de la partie, rajout de temps, blâme ?

Et y-a-t-il des différences en blitz, rapide ou lent ?

Cordialement,

Xavier VAPPEREAU AF4 en sommeil

 
Si l'arbitre n'est pas présent et n'a donc pas vu le déroulement de ce que vous décrivez il ne peut qu'entériner le gain du joueur B en supposant que ce dernier ait suffisamment de matériel pour gagner.

Si l'arbitre est présent il lui revient alors de définir la notion de « tarde à lui donner ». S'il estime que le joueur A n'a pas été lésé par l'hypothétique rétention de la dame par B, il entérinera le résultat. Dans le cas contraire il peut très bien, même après le « tombé » et en application des articles 11.5 et 11.6 des règles du jeu, ajouter du temps à A et la partie continuera.

Depuis le 1er juillet 2014 quel que soit la cadence, si l'arbitre constate une anomalie quelconque sur un échiquier il doit intervenir.

Gérard Hernandez


Les absents ont-ils toujours tort ?

12/06/2017

Bonsoir

Je viens de terminer le tournoi Fide d'Angers où j'ai gagné ce matin par forfait à la 5ème ronde car mon adversaire s'est présenté avec une heure de retard. Il croyait que la ronde commençait à 9h30...

Je ne trouve pas normal de ne pas gagner les points Elo fide comme si la partie avait été jouée car :

- il n'a pas prévenu l'arbitre ni moi-même,

- c'est trop facile de faire forfait quand on a "décidé" de ne pas jouer (tôt le matin) et de jouer l'après-midi comme si de rien n'était,

- c'est trop souvent revenu dans les tournois, surtout en fin de tournoi (hors raison médicale bien entendu),

- cela fausse les résultats du tournoi et les appariements suivants,

- j'ai réglé mon inscription pour jouer et ne pas gagner par forfait,

- j'ai dû attendre 5H avant de jouer la dernière ronde,

- cela donne libre court à tout forfait à sa convenance.

En espérant que vous prendrez en compte ma demande, ne serait-ce que pour le respect des adversaires et enrayer ce problème...

Cordialement,

Jean-Pierre LETONNELIER AF4

 
Je comprends très bien votre mécontentement car il n'est jamais plaisant de gagner par forfait et d'attendre fort longtemps de pouvoir jouer une partie.

Dans votre demande je vois deux questions. Voici ma réponse en deux parties :

1- Concernant le calcul du ELO fide :

La FIDE dans sa grande sagesse (ou pas) écrit dans son règlement à l'article 5.1 du 6.1 « Classement de la FIDE » concernant le ELO fide :

<< 5 Parties non jouées

5.1 Qu'elles se produisent à cause d'un forfait ou pour toute autre raison, elles ne sont pas comptabilisées. Toute partie ou les deux joueurs ont fait au moins un coup seront prises en compte pour le classement. >>

Le fait que votre adversaire n'ait pas joué son premier coup, interdit donc de comptabiliser cette partie pour le calcul de votre ELO fide.

2- Quelles sont les mesures qui sont prises par la DNA pour essayer d'enrayer ces forfaits pour le moins indélicats ?

Vous êtes arbitres et connaissez l'article 34.2 de notre RI DNA. L'arbitre principal d'un tournoi à une compétence disciplinaire. Pour ce qui concerne les forfaits il doit demander la raison du forfait au joueur concerné. Si l'explication ne le satisfait pas, il doit dans son rapport de tournoi, demander au Directeur des Titres, Tournois et Sanctions (DTTS) d'engager la procédure de sanction automatique de suspension de licence de 3 mois.

Extrait de l'article 34.2 :

« A l'occasion des tournois homologués, tout forfait fait l'objet d'une enquête de la part de l'arbitre principal. Si le joueur ne répond pas de façon satisfaisante a la demande d'explications envoyée par l'arbitre principal, ce dernier demande au Directeur des Sanctions l'application de la procédure de « suspension automatique de compétition », d'une durée de 3 mois.

Le Directeur des Sanctions se charge d'informer le joueur suspendu (par courrier électronique ou postal) son président de club et son DRA. Le joueur a la possibilité de faire appel dans un délai de 10 jours à compter de la date de réception, devant la commission d'appels sportifs. L'appel à un caractère suspensif. Lorsque la décision est définitive, elle est publiée dans le Bulletin des Arbitres et sur le site de la FFE à la rubrique "Discipline".

Gérard Hernandez


Arbitre – Joueur ou Joueur – Arbitre

31/05/2017

Bonjour,

Ma question est simple. Lorsqu'un arbitre est aussi joueur, en interclubs par exemple, comment doit il gérer un problème sur un autre échiquier sachant qu'il est lui-même en grand zeinot sur son propre échiquier ? Peut-il arrêter sa pendule pour gérer le problème ou doit il sacrifier sa partie. Dans mon cas il s'agissait de gérer une demande de nulle par triple répétition pour laquelle les deux joueurs n'étaient pas d'accord.

Merci pour votre réponse.

Cordialement.

Fabre Laurent AF3

 
Sauf restrictions dans les rencontres d'interclubs telles que définies à l'article 2.5 du règlement des interclubs, rien n'interdit à un arbitre de jouer en même temps qu'il officie.

Pour autant est-il prioritairement joueur ou arbitre ?

Doit-il privilégier l'arbitrage au détriment de son jeu ?

La réponse est qu'il est avant tout arbitre et donc intervenir aussitôt sur un incident. Voilà pourquoi il est fortement déconseillé de jouer en même temps que l'on arbitre.

Malgré tout nous savons que dans les interclubs régionaux et départementaux cette pratique est courante et dans la majorité des cas semble satisfaire.

A la question doit-on arrêter sa propre pendule pour intervenir ? Non !

On n'a pas à occasionner une gêne pour son adversaire.

L'éventuelle solution serait qu'avant la rencontre on se renseigne sur la présence d'un autre arbitre dans la salle qui pourrait éventuellement jouer le suppléant.

Dans votre cas, puisqu'il s'agit d'interclub, les deux capitaines pouvaient par exemple sous votre responsabilité, reconstituer la partie et vérifier s'il y a bien eu répétition.

Gérard Hernandez


Coup illégal achevé ou non ?

19/05/2017

Bonjour Monsieur,

Un coup illégal non validé peut-il être rejoué ? Autrement dit : je joue un coup illégal, je m'en rends compte, je n'appuie pas sur la pendule, je repose ma pièce et je joue un autre coup. Possible ou pas possible ?

Claude BURGISSER (Paris)

 
Les articles des règles du jeu qui concernent les terribles conséquences du coup illégal sont précis : il y est toujours question d'un coup achevé. En compétition, un joueur d'échecs joue un coup d'une part en l'exécutant sur l'échiquier, d'autre part en l'achevant par l'appui sur la pendule.

En cadence standard, voici ce que nous apprend l'article 7.5b : pour le premier coup illégal achevé par un joueur, l'arbitre donnera deux minutes supplémentaires à son adversaire ; pour le second coup illégal achevé par le même joueur l'arbitre déclarera la partie perdue par ce joueur.

En jeu rapide et en blitz, voyons l'article A4b : Un coup illégal est achevé quand le joueur a appuyé sur sa pendule. Si l'arbitre observe cela, il déclarera la partie perdue par le joueur, à condition que l'adversaire n'ait pas joué son coup suivant. Si l'arbitre n'intervient pas, l'adversaire est autorisé à réclamer un gain, à condition qu'il n'ait pas joué son coup suivant.

Votre situation de jeu : vous n'avez pas achevé ce coup. Après l'avoir exécuté, et puisque vous vous rendez compte de suite du problème, il faut appeler l'arbitre. Ne prenez pas l'initiative de « reprendre le coup » et de jouer n'importe quel autre coup. Appuyez sur « pause ». Pas d'inquiétude : un joueur peut arrêter les pendules pour solliciter l'assistance de l'arbitre (article 6.12b). Ce dernier va observer la situation et se mettre à l'écoute puis il veillera à l'application de l'article 4.3 : si un joueur au trait touche sur l'échiquier, avec l'intention de déplacer ou de prendre :

a. une ou plusieurs de ses propres pièces, il doit déplacer la première pièce touchée pouvant être déplacée;

b. une ou plusieurs des pièces de l'adversaire, il doit prendre la première pièce touchée pouvant être prise;

c. une pièce de chaque couleur, il doit prendre la pièce de l'adversaire avec sa propre pièce ou, si c'est illégal, déplacer ou prendre la première pièce touchée pouvant être déplacée ou prise. Lorsqu'on ne peut déterminer laquelle des deux pièces a été touchée en premier, on considère que c'est la propre pièce du joueur qui a été touchée en premier, avant celle de son adversaire.

Ce n'est qu'après cette incontournable vérification sous contrôle de l'arbitre que l'article 4.5 sera éventuellement appliqué, le cas échéant : si aucune des pièces touchées au sens de l'article 4.3 ne peut être déplacée ou prise, le joueur est libre d'effectuer n'importe quel coup légal.

A noter toutefois : un joueur ne doit pas sous estimer la portée de l'article 11.5 : « il est interdit de distraire ou de déranger l'adversaire de quelque manière que ce soit ». Ce qui peut aussi être lourd de conséquences !

Réponse de Francis et mis en ligne par Gérard.

Gérard Hernandez


Fin au KO. Peut-on accorder la nulle ?

11/02/2016

Bonjour Stéphane ,

J'ai un peu de mal avec l'interprétation de l'article G.5 qui dit :

G.5 ... le joueur au trait a moins de deux minutes à sa pendule, il peut réclamer la nulle avant que son drapeau ne tombe. Il appellera l'arbitre et peut arrêter la pendule (voir Article 6.12.b). Il peut réclamer sur la base que son adversaire ne peut pas gagner par des moyens normaux et/ou que son adversaire n'a fait aucun effort pour gagner par des moyens normaux.

mais aussi sur l'interprétation du terme " chances réalistes" du Glossaire :

moyens normaux : G.5. Jouer d'une manière positive afin de gagner ou bien avoir une position telle qu'il y ait des chances réalistes de gagner la partie autrement que par la chute du drapeau.

J'observe une fin de partie rapide au KO . il reste une minute au joueur A .

Ce dernier possède Roi + Tour + Fou contre Roi + Tour + pion à son adversaire .

A propose plusieurs fois la nulle que B refuse .

Avant de tomber au temps , A prend le pion de B pour ne garder qu'une finale R+T+F contre R+T .

Je ne suis intervenu que pour signaler la chute du drapeau et entériner la victoire de B

Ma première question :

A devait il expressément formuler la demande de nulle à l'arbitre pour que ce dernier puisse prendre en considération l'article G.5 ?

Autrement dit , l'arbitre doit il prendre en considération G.5 uniquement si le joueur en fait la demande ?

Si on s'en tient à la lecture stricte de G.5 , je dirai que oui mais le fait que A réclame la nulle plusieurs fois ( à son adversaire ) prouve que A ne cherche pas à gagner cette partie malgré son avantage matériel .

Ma seconde question :

Si A m'avait réclamé la nulle en vertu de G.5 , j'aurais laissé poursuivre la partie en remettant ma décision à plus tard ... jusqu'à la chute du drapeau .

Quelle aurait pu être ma décision ?

Refuser la nulle parce que le fait que B est une Tour suffit pour justifier qu'il peut gagner la partie ( Si il n'avait eu qu'un pion cela suffisait aussi ) ou bien accorder la nulle à A sous prétexte que B ne peut pas gagner par des "moyens normaux" ?

Merci par avance pour votre réponse éclairée

 
1) Faut-il que le joueur fasse une demande claire pour appliquer l'annexe G (ancien 10.2) ?

Oui, si le joueur ne réclame pas la nulle à l'arbitre, il ne faut pas intervenir en dehors des nulles par répétition (5 fois), des 75 coups (sans prise et sans mouvement de pions), des positions mortes... les cas où l'arbitre intervient de lui-même.

Je nuancerais ma réponse. Dans le feu de l'action, un simple "Alors ?" en regardant l'arbitre, ou quelque chose de peu formel, peut être considéré comme une réclamation à l'arbitre.

2) Si le joueur A avait demandé la nulle avant le tombé ?

Oui, avec une pièce de plus dans une finale relativement simple, on accorde la nulle. Entre deux joueurs à 1700 Elo, par exemple, c'est automatique, sauf cas exceptionnel (un mat en deux coups sur l'échiquier...). Avec des jeunes enfants ou des débutants, il faut bien observer la partie, il peut arriver que le joueur en déficit matériel progresse (amène le Roi à la bande, par exemple). Dans ce cas, il fait des efforts pour gagner (ne se contente pas de jouer la pendule), et il améliore sa position. C'est une exception, naturellement. Chaque cas est particulier, et la décision peu, hélas, varier d'un arbitre à l'autre.

Pour évitez ce genre de soucis, préférez les cadences Fischer ou Bronstein, au fin de parties au KO !

Stéphane Escafre