Échecs et santé mentale : les clubs agissent pour que chacun trouve sa place (2)
14/07/2026
À l'ITEP du Prado, un temps calme qui ouvre la porte des clubs
Depuis trois ans, Sainte-Foy Échecs intervient auprès des jeunes de l'ITEP Élise-Rivet du Prado, dans le 5e arrondissement de Lyon. Ces adolescents et jeunes adultes présentent des difficultés psychologiques et comportementales qui peuvent perturber la scolarisation, les apprentissages et les relations sociales. Les séances sont assurées par Franck Gertosio, titulaire d'un BAFA spécialisé « public en situation de handicap », en lien avec l'équipe de l'établissement.
Lola, monitrice éducatrice, décrit une activité qui apporte aux jeunes un temps calme, de nouvelles connaissances et du plaisir. Elle observe aussi davantage de patience et une meilleure concentration. De leur côté, les participants évoquent la logique, la gestion de la frustration et la satisfaction de progresser.
Surtout, l'atelier a créé une véritable continuité avec la vie associative. Adrien, Dylan et Samy ont rejoint des clubs pour poursuivre la pratique. Adrien participe désormais activement aux équipes jeunes et a même pris en charge le capitanat de son équipe. Ce parcours montre ce que peuvent produire des interventions régulières : le club ne vient pas seulement proposer une animation, il ouvre un nouvel espace d'appartenance et de responsabilité.
La régularité compte ici autant que le contenu des séances. Un cadre prévisible, le droit à l'erreur, des objectifs progressifs et un dialogue permanent avec les éducateurs permettent d'ajuster la pédagogie. Le club n'a pas à devenir expert de toutes les difficultés : il doit s'appuyer sur les professionnels qui accompagnent déjà les jeunes et former ses intervenants.
À Agen, Yanis accepte peu à peu d'entrer dans la partie
Au collège Joseph-Chaumié d'Agen, Foulayronnes-Échecs propose des séances à huit à dix élèves du dispositif ULIS. Le groupe réunit des profils variés : TDAH, troubles cognitifs ou de la mémoire, troubles du spectre de l'autisme, mais aussi déficience visuelle. Le projet est conduit avec la coordinatrice ULIS et l'AESH du dispositif, avec le soutien de l'Agence nationale du Sport et du Conseil départemental de Lot-et-Garonne.
L'équipe éducative observe des progrès dans la concentration, la mémorisation, la compréhension des consignes et l'autonomie dans le jeu. Mais c'est parfois un pas très discret qui dit le mieux la portée de l'action. Yanis, initialement en retrait et refusant de jouer, a progressivement accepté de participer, jusqu'à disputer une partie avec l'animateur.
Les séances ne se limitent pas aux compétences cognitives. Attendre son tour, écouter l'autre, respecter les règles et accepter le résultat font aussi partie de l'apprentissage. Au sein du club scolaire, des élèves du dispositif ULIS jouent avec d'autres collégiens dans un même cadre bienveillant : chacun peut ainsi être reconnu pour ce qu'il sait faire et non ramené à ses difficultés.
Cette démarche rejoint le programme ULIS de la Commission Santé, Social, Handicap et RSE de la FFE. Destiné notamment aux enfants DYS et TDAH, il propose une progression adaptée, du matériel facilitant la visualisation, par exemple des jetons colorés pour représenter les trajectoires, et une sensibilisation des animateurs. Les clubs disposent ainsi d'un point d'appui concret pour se rapprocher des établissements de leur territoire.








