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Entrevue avec Christine Lepori, membre de la commission Art, Culture et Histoire   

07/01/2026

Du 5 au 16 novembre 2025, l'Échiquier grenoblois a eu le plaisir de participer à une exposition consacrée au jeu d'échecs au Centre des Arts de Meylan (agglomération de Grenoble). Vous pouvez découvrir une vidéo de l'évènement en suivant ce lien.

Christine Lepori, membre de la commission Art, Culture et Histoire, y a exposé quelques-unes de ses œuvres.

Jean Olivier Leconte : Peux-tu te présenter en quelques mots ?

Christine Lepori : Je vis et travaille dans le Grésivaudan en Isère où je participe à plusieurs ateliers.

J'ai commencé la peinture durant ma jeunesse et j'ai participé à mon premier atelier, à l'âge de 11 ans chez la Peintre Thote-Hunin. À l'adolescence, j'ai été élève de Michel Baudimant qui a initié mon regard artistique de manière très forte. J'ai suivi ensuite d'autres enseignements, dont celui de Béatrice Casadesus, à l'Ecole d'Architecture de Paris La Seine dont je suis diplômée.

En 2017, je suis devenue professeur certifiée d'art plastiques et ainsi j'enseigne auprès de collégiens.

Mon chemin a croisé celui de l'Art sous ses diverses formes : photographie, théâtre, arts plastiques et aussi selon ses différents points de vue : « regardeur », « élève », « acteur » et « consommateur », et ceci passionnément dans tous les cas ! Dans mon travail de peintre, la Mythologie, les contes et la littérature et plus récemment le monde échiquéen nourrissent mon imaginaire.

JOL : Quel lien as-tu avec le jeu d'échecs ? Joues-tu toi-même ?

CL : J'ai découvert le monde échiquéen par le biais de mon conjoint, joueur d'échecs et très investi pour la transmission de ce jeu. J'étais simple observatrice jusqu'alors mais depuis quelques mois seulement j'apprends à jouer ! Cela a approfondi mon regard sur ce jeu. Il y a un écho qui s'installe. Lorsque je joue un cavalier, je pense à ses valeurs symboliques, sa personnalité, sa dynamique, sa couleur possible sur une toile... c'est un frein pour progresser aux échecs mais cette mise en situation résonne tellement avec mon travail !

JOL : Tu dis peindre des échiquiers avant même d'être entrée dans le monde des échecs. Quelle part de cette symbolique préexistait déjà dans ton travail, et qu'est-ce qui a changé lorsque tu as découvert l'univers échiquéen réel, humain, social ?

CL : Oui c'est assez étonnant, je l'ai utilisé de façon récurrente des échiquiers dans mes toiles... c'était prémonitoire !

Ce qui m'intéressait alors, c'était la dualité : noir-blanc, la représentation du jeu amoureux, la géométrie de l'échiquier et sa mise en perspective. Il évoquait aussi, dans l'un de mes tableaux, l'enfermement et la possible liberté. Je l'avais utilisé également pour exprimer le doute, et surtout le questionnement, les cheminements et les méandres de la pensée.

Entrer dans le monde échiquéen réel a été fascinant, je ne soupçonnais pas cette population de joueurs de tous horizons, de tous les âges et de tous milieux. Je n'imaginais pas ces règles , les codes implicites entre eux, le silence, le sentiment de concentration et aussi la multiplication des échiquiers créant visuellement de nouvelles organisations géométriques à l'infini.

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